Arthur Rimbaud, le poète aux semelles de vent

 

Hé, Arthur !

Voilà ce que criait mon professeur de littérature pour nous réveiller de bon matin, tapant du point un bureau inoccupé. Arthur. Aller, pourquoi pas, après tout, ça fait longtemps qu’on le fréquente maintenant, ce Rimbaud éternellement jeune. Vrai, il nous rajeunie pas, on doit être pas mal à avoir appris, au milieu des fables de La Fontaine, le Dormeur du Val.

Ce que les profs ne nous disent pas à cet âge, alors qu’on appréhende à peine le collège, c’est tous les aspects un peu fun d’Arthur.

Dès son adolescence il a enchaîné les fugues, allant à Paris, et devint ainsi spectateur de la Commune, événement historique qui vit Paris s’insurger contre la monarchie Versaillaise. Une révolution qui se terminera immanquablement dans le sang et la mort de nombreux parisiens, que ce soit par les balles, le canon ou la famine dû au siège de la ville.

Ce ne sont pas ses premiers morts, puisque né en 1854, il a à peine 16 ans lorsque l’armée Prusse vainc la France et gagne ainsi l’Alsace et la Lorraine. Vivant dans le Nord-Est de la France, il a été témoin de la guerre, dont il parlera à travers le fameux Dormeur du Val.

Plus tard, il entamera une relation avec Paul Verlaine, poète marié, avec un enfant, de dix ans de plus que lui. Ce qui ne l’empêchera pas de l’emmener avec lui en Belgique où ils fumeront de l’opium en écrivant des poèmes. Ah, tout de suite, c’est sûr que ça change du gentil petit garçon de Charleville-Mézières qui envoyait ses brouillons à son professeur de français.

Mais voilà, Verlaine en prison après avoir tenté de lui tirer dessus, Arthur a à peine vingt et un ans et ses plus grandes œuvres sont derrière lui. En 1875, il part pour l’Afrique, où il vivra pendant une quinzaine d’années des trafics d’armes et d’êtres humains.

Vous l’aimez toujours le petit Rimbaud avec sa bouille d’ado ? C’est un personnage vraiment paradoxale que ce poète aux semelles de vent. Mais je vous enjoins à parcourir quelques uns de ses poèmes, notamment ceux de Quatre Saisons en Enfer, qui sont bien plus compréhensibles que ceux des Illuminations (qui montrent un tournant dans son écriture, avant qu’il n’arrête complètement la poésie).

Rimbaud est mort à Marseille de la gangrène ou d’un cancer, selon les versions, le 10 novembre 1891, c’est pourquoi il est l’auteur du mois ❤ C’est aussi sans doute l’un de mes poètes français favoris, car il a une sincérité dans son écriture qui est vraiment agréable, une sincérité qu’on ne retrouve pas chez des auteurs qui ont déjà un peu de bouteille. Sa correspondance fait part de son mal aise face à ses premières oeuvres qu’il juge naïves, mais c’est bien pour ça qu’elles touchent au coeur encore d’avantage que des poèmes trop pensés et réfléchis. Vous seriez fous de ne pas au moins lire les premières strophes de On n’est pas sérieux quand on a 17 ans :

On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…

Et sur ces notes d’été en ce mois de novembre, je vous attends pour le prochain auteur d’ici quelques semaines.

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